🥐 La course des garçons de café

Onzième machine de la salle, et la seule qui se court dans nos rues : 993 mètres au départ du Comptoir, par la place Paul Saissac et la rue du Port. Un plateau sur la main — et à l'arrivée, le juge regarde le chrono et les verres.

★ LISLE-SUR-TARN · 993 M ★
◀ ▶ REDRESSER LE PLATEAU · ▲ ▼ L'ALLURE · L'ÉCRAN = LES DEUX MAINS · MAJ = UN ÉCART
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Comment on court avec un plateau

Le parcours est balisé — c'est une course, le chemin est tracé. Vous n'avez donc pas à tourner : servent à rattraper le plateau qui penche. Il tient en équilibre sur la paume, et il ne demande qu'à tomber : chaque pas le fait tanguer, et plus vous allez vite, plus il vit sa vie.

règlent l'allure : marche, pressé, ou on court. Mais attention — comme au vrai concours des garçons de café, courir est interdit : on marche vite, plateau en main. Trois commissaires sont postés sur le parcours et regardent votre allure au passage. Se faire prendre coûte douze secondes.

espace (ou l'écran) attrape le plateau à deux mains : le balancement s'arrête net, mais vous vous arrêtez presque aussi. C'est le bouton de panique. ⇧ Maj fait un écart pour éviter un obstacle sans ralentir — mais le plateau, lui, part de travers.

🗺️ Les rues sont vraies

Le parcours n'a pas été dessiné : il a été trouvé dans les vraies rues. Le tracé, les carrefours et les noms viennent d'OpenStreetMap, le relief de l'IGN — la même cuisine que Le Tour du Comptoir et La théière roulante. On a cherché, parmi 478 morceaux de rue autour de la boutique, les boucles qui repartent de la porte et y reviennent ; celle-ci fait 993 mètres :

  • Rue Saint-Louis
  • Rue Edouard Crouzet
  • Rue de Fontainebleau
  • Place Emmanuel Turlé
  • Rue du Vieil Hôpital
  • Rue de la Verderie
  • Rue Mirabel
  • Rue Achille Gaillac
  • Rue du Port
  • Place Paul Saissac
  • Rue Étienne Compayre
  • Rue de la Roche
  • Rue de la Biade
  • Rue de la Glacière
  • Rue des Fleurs
  • Rue Porte Peyrole
  • Rue des Grands Augustins

Le passage par la rue du Port n'est pas un hasard : c'est Laurent qui l'a exigé, parce qu'une course à Lisle passe par là. La machine, elle, ne connaît que des longueurs.

🪨 Ce que la carte ne sait pas

Elle ne connaît pas les pavés. Sur 222 tronçons relevés autour de la boutique, 24 seulement portent une indication de revêtement, et toutes disent « asphalte ». Or c'est le pavé qui fait sauter le café. On ne l'a donc pas deviné : le revêtement de chaque rue est tenu à la main, dans un fichier à part, et il se remplit au fur et à mesure. Une rue dont on ne sait rien est jouée comme lisse — et l'écran le dit plutôt que de faire semblant.

🥤 La bouteille de coca

Et c'est elle qui change tout. Les verres punissent celui qui penche ; la bouteille punit celui qui secoue. Un plateau incliné tout doux ne la dérange pas — mais un pavé, un coup de poignet brutal ou un chien qui vous coupe la route la font mousser. La mousse monte dans le goulot, et quand elle arrive en haut, ça part partout.

Deux choses en découlent. D'abord, la mousse est une dette, pas une amende : elle ne se venge pas tout de suite, elle attend. Ensuite, elle retombe toute seule quand on est doux — donc lever le pied avant les pavés n'est pas de la lâcheté, c'est le métier. Une jauge la montre en permanence : c'est la seule chose du jeu qui prévient avant.

⚖️ Le juge de l'arrivée

Comme au vrai concours, il regarde deux choses : la montre (600 points) et ce qu'il reste dans les verres (400 points). Un plateau intact rapporte autant qu'une belle marche. Sur le plateau, quatre : un allongé — plein à ras bord, c'est lui qui déborde le premier —, un ballon de rouge — on est en pays de Gaillac, ce serait une faute de l'oublier —, une bouteille de coca et un verre d'eau. La camelote du comptoir, pas les beaux produits de la maison. Records à trois lettres, comme sur les autres machines de la salle.