🚐 La théière roulante
La camionnette du Comptoir part livrer — sur les vraies routes du Tarn, virage par virage.
La route est vraie — et il y en a tout un réseau
Ce n'est plus un rail, c'est une carte. Autour de la tournée, on a chargé toutes les vraies routes du coin — les départementales et les petites routes du corridor — sorties du routeur de la maison et d'OpenStreetMap, avec les altitudes de l'IGN. Le virage a le rayon du vrai virage, la bosse est la vraie bosse, et le panneau de limitation ne s'affiche que là où la carte la connaît — jamais un faux panneau. Seule entorse assumée : les ronds-points ne sont plus dessinés du tout (un anneau se joue mal en fausse 3D, et le carrefour qui le remplaçait faisait de la bouillie de bitume). À leur place, la route passe tout droit et une cafetière plantée au bord marque l'endroit — c'est elle, le rond-point. L'annonce « ⟳ » reste. Une fois le réseau chargé, plus rien ne sort de la maison.
À chaque carrefour, tu choisis
On peut se tromper de route, et faire un détour. Au carrefour, si tu ne demandes rien, la théière prend la route du GPS — la bonne sortie du rond-point comprise. Pour partir ailleurs, donne un coup de volant vers la route que tu veux en arrivant (l'intention est retenue quelques secondes, pas besoin de tenir appuyé) : elle s'ouvre devant toi. En haut à droite, la carte GPS montre tout le réseau en gris et l'itinéraire conseillé en rouge, avec la flèche du copilote. Si tu te trompes, le GPS recalcule, et il suffit de lâcher la direction pour qu'il te ramène. Tu n'es jamais bloqué.
Et on peut faire demi-tour. C'est le geste qui manquait : sans lui, une erreur de carrefour était sans retour — le GPS conseillait de se retourner, on ne pouvait pas, et on s'éloignait de l'arrivée pour toujours. Maintenant le GPS fait d'abord le tour quand c'est possible (il ne conseille plus un demi-tour à la légère) ; et quand il n'y a pas de tour — le cul-de-sac — il l'écrit en gros : arrête-toi, puis le bouton ⟲ de la planche de bord ou la touche D. Le bouton reste éteint tant que tu roules, et il clignote en orange quand c'est le moment.
Mais la laisse est courte. Le corridor s'arrête à environ un kilomètre et demi du parcours : au bout des petites routes, c'est le cul-de-sac, demi-tour. On peut vagabonder autour de la tournée — jamais filer sur Albi ni Toulouse.
Deux terrains : la plaine, ou la montagne
Le menu propose maintenant deux tournées, deux réseaux de vraies routes.
🌾 La plaine — le tour du Cordais : Castelnau-de-Montmiral, Cahuzac-sur-Vère, Les Cabannes, Vaour. Des villages, des lignes droites, des panneaux. C'est la tournée d'origine — et son défaut se mesure : le virage n'y commande que 13 % du temps. Le reste, c'est la limitation qui décide à ta place, et une ligne droite de trois kilomètres à cent trente ne demande rien à personne.
⛰️ La montagne tarnaise : Lacrouzette, Brassac, Anglès, Lamontélarié, Lacaune. Le Sidobre et les monts, 55 km, 31 % du temps en virage — deux fois et demie la plaine. Là-haut il n'y a presque plus de panneau : c'est le rayon du virage qui fixe la vitesse, et il change tous les cinquante mètres. Ça monte, ça descend pour de vrai (les altitudes viennent de l'IGN), et la boîte sert enfin à quelque chose.
Chaque terrain a sa tournée (quatre livraisons) et sa balade libre, sans livraison, juste pour apprendre les routes.
Ça roule en face
La route n'est plus vide. Le tracteur à 23 km/h avec son triangle orange, le cycliste au bord, la voiture lente, le camion, le car scolaire : ils roulent sur ta route, dans les deux sens, et ils lèvent le pied dans les virages comme tout le monde.
Ils roulent aux heures du Tarn. La circulation suit l'heure qu'il est vraiment : le car scolaire ne sort qu'entre 7 h et 9 h et entre 16 h et 18 h, le tracteur en plein jour, et à trois heures du matin la route est à toi. Le menu te dit d'avance ce qui t'attend.
Doubler, c'est un choix. Coincé derrière le tracteur, tu gardes sa vitesse : pour passer, il faut se déporter à gauche — c'est-à-dire là où arrive ce qui vient en face. Le bandeau annonce le lent devant, sa distance, et surtout s'il y a « voie libre » ou « ÇA VIENT ». Se tromper ne finit pas la partie : on se fait secouer, on perd son élan, on compte les accrochages à l'arrivée. Comme dans la vraie camionnette.
La théière carbure au café — forcément, c'est ce qu'elle transporte. La jauge ☕ descend en roulant (un peu plus si on tire dans les tours), et on refait le plein à chaque arrêt. Tomber à sec, c'est la panne sèche : plus une goutte, plus d'avance. Un détour de trop se paie en café.
Conduire
Aux seules flèches : ← → pour diriger, Espace pour le gaz, ⇧ Maj pour le frein — la grammaire commune de la salle (Z et S marchent encore). Les flèches ↑ ▼ font maintenant ce que font les boutons ▲▼ de la planche de bord : elles passent les rapports, au lieu de doubler le gaz et le frein comme avant. La boîte est automatique — pas besoin de la souris, la théière passe les rapports toute seule. Mais c'est tout ce qu'elle fait toute seule : dans les virages, la route tire vers l'extérieur avec la vitesse — braque pour tenir ta ligne, et freine avant l'épingle, personne ne le fera à ta place. Le panneau « ⚠ virage » annonce la vitesse qui passe, le rond-point est prévenu à 170 m : prévenu, mais pas conduit. Pour choisir au carrefour, il faut tenir la direction du côté voulu (une petite correction de trajectoire ne te fait pas tourner, seule une direction maintenue le fait) ; si tu ne tiens rien, tu suis le GPS.
Tu préfères passer les vitesses toi-même ? Touche ▲▼ — les boutons ou les flèches ↑ ↓ (ou A/Q) — une fois et la théière te rend la main : cinq rapports, un compte-tours, du couple au milieu, rien en bas, et elle tape le rupteur si on s'attarde. Rétrograder avant le virage, c'est ressortir fort.
Le virage, c'est de la physique, pas une barrière. Chaque virage a son rayon réel, donc sa vitesse réelle. En dessous, ça passe tout seul. Au-dessus, ça déporte vers l'extérieur, et il faut contre-braquer ou lever le pied. Trop tard, et c'est l'herbe : on perd son élan et on remonte sur la route en jurant. Ce n'est jamais l'abandon — on ne rentre pas une tournée à pied.
🚧 La suite. Viendront les sacs qui cassent quand on conduit comme un sauvage, la table des records, le duel à deux écrans, et le téléphone qu'on incline comme un volant. Et à côté, un autre jeu cherche sa place : le circuit en modèle réduit, quatre camionnettes qui se courent après sur une boucle du Sidobre, vue de dessus.