🚴 Le Tour du Comptoir

La course cycliste de la salle — sur les vraies routes du Tarn. Dix étapes, de la porte de la boutique jusqu'à Toulouse et retour, avec le vrai dénivelé, les vrais cols… et un maillot jaune à défendre.

🚴 LE TOUR DU COMPTOIR 🎪
L'ÉCRAN = PÉDALE · ◀ ▶ SPRINT ET RAVITAILLEMENT · ▼ FREIN
🕹️ la salle

Le carnet de route

Dix étapes, toutes vraies. Les tracés viennent du routeur de la maison (celui du GPS Maya), les altitudes de l'IGN, et les communes ont été relevées une par une sur la trace elle-même. La route à l'écran monte et descend exactement comme la vraie, la carte dans le coin est la vraie trace, les panneaux qui défilent sont les vrais villages. Un vrai GPS décompte ce qui reste : le compteur aussi. au menu pour choisir — chaque étape a sa table des records, et le Tour complet a la sienne.

  • Étape 1 — Lisle-sur-Tarn → Cordes-sur-Ciel, 33 km. Le départ est donné devant la boutique, 15 rue Saint-Louis : la rue est sur le tracé pour de bon. Vors, Castelnau-de-Montmiral, Vieux, la vallée, puis la grimpette dans les rues de Cordes.
  • Étape 2 — Cordes-sur-Ciel → Laguépie, 98 km : l'étape reine. Vaour, Penne, Bruniquel, la boucle par Monclar-de-Quercy et le retour par Milhars. Neuf sommets répertoriés, dont deux de première catégorie. Les lacets du Quercy ne se passent pas au galop.
  • Étape 3 — Laguépie → Carmaux, 43 km : Laparrouquial, Le Ségur, Monestiés, puis le pays minier.
  • Étape 4 — Carmaux → Cap'Découverte, 7,8 km : le contre-la-montre. Ni peloton, ni roue où s'abriter — juste vous et le chrono. Au bout, la tyrolienne fantôme au-dessus du lac.
  • Étape 5 — Albi → Castres, 85 km, par Brassac et les monts. Deux murs à plus de 9 %.
  • Étape 6 — Castres → Saint-Amans-Soult par le Sidobre, 51 km : Burlats, Lacrouzette, le chaos de granite, puis Noailhac et la Montagne Noire. À l'arrivée, le rocher tremblant.
  • Étape 7 — Saint-Amans-Soult → Saint-Paul-Cap-de-Joux, 63 km : la montée sur Hautpoul, la descente dans les gorges de l'Arnette — on passe sous la passerelle de Mazamet —, Mazamet, Labruguière et la plaine du Sor. Dix kilomètres de falaises au bord de la route.
  • Étape 8 — Saint-Paul-Cap-de-Joux → Toulouse, 55 km par Lavaur et le Lauragais. Grande foire à l'arrivée.
  • Étape 9 — Le critérium de Toulouse, boucle de 30 km en pleine circulation, départ et arrivée place du Capitole, par Saint-Cyprien, Purpan, les Minimes, Croix-Daurade, Jolimont, le canal, Rangueil, l'île du Ramier et la Croix de Pierre. Vingt et un quartiers défilent au panneau.
  • Étape 10 — Toulouse → le Comptoir Maya, 67 km par Villemur-sur-Tarn et Rabastens : on rentre à la maison, et la ligne est devant la boutique — là même où le Tour est parti.

Le Tour complet, et les trois maillots

Au menu, avant les étapes, il y a LE TOUR COMPLET. On donne ses trois lettres une fois — c'est le dossard — et les dix étapes s'enchaînent : les temps s'additionnent, et le premier au cumul porte le maillot jaune, qu'on voit sur la route pendant l'étape suivante. Entre chaque étape, le classement général s'affiche avec les écarts. On peut s'arrêter en route : la borne garde le carnet, on reprend le lendemain là où on s'était arrêté. (Pour tout remettre à zéro : maintenir PÉDALE deux secondes sur la page du Tour — un Tour de dix étapes ne s'efface pas d'une pichenette.) Les records d'étape se signent alors tout seuls, sous le dossard : on ne redemande pas dix fois son nom à quelqu'un qui court un Tour.

Le maillot à pois se joue aux sommets. Les cols ne sont pas inventés : ils sont lus dans les altitudes IGN de chaque étape — quarante-cinq mètres de dénivelé à 3 % au moins — et classés comme dans les vraies courses, de la 4e catégorie au hors-catégorie, selon ce qu'ils coûtent aux jambes. Une pancarte est plantée au sommet, et les trois premiers à la passer prennent les points. Le maillot vert, lui, se joue aux sprints intermédiaires : une banderole verte dans un village de plat, et les deux cent cinquante derniers mètres avant elle se courent au sprint en alternance.

Ces primes comptent aussi dans le score de l'étape, ramenées à la même échelle partout : l'étape reine offre neuf sommets, une étape de plaine en offre deux — sans cette mise à l'échelle, une étape de montagne rapporterait mécaniquement plus, et les tables ne voudraient plus rien dire.

Trois façons de pédaler, selon le terrain (le bandeau vous prévient à chaque changement, et le profil en bas de l'écran est colorié) : sur le plat, tapez PÉDALE pour garder l'aiguille de cadence dans la zone verte qui se promène. Dans les côtes, maintenez pour appuyer et relâchez pour respirer — jauge de souffle vide = fringale, et là on n'avance plus. Bien alterner fait gagner du terrain sur le peloton : lui aussi s'use dans les longues montées. Au sprint (le panneau de Frausseilles, puis la montée finale de Cordes) : en alternance, comme de vraies pédales. En descente, maintenez pour la position aéro — plus vite, mais le souffle ne remonte pas.

Un peloton, pas un adversaire. Cinq coureurs vous accompagnent, et ce ne sont pas cinq clones : Maya la Doyenne (régulière, ne lâche jamais rien), le Grimpeur qui s'envole dès que la route se dresse, le Sprinteur qui somnole toute l'étape et se réveille au dernier kilomètre, le Rouleur qui mène le train sur le plat, et le Jeune qui attaque n'importe quand… et le paie ensuite. Ils s'aspirent entre eux comme un vrai peloton : la file s'étire dans les côtes, se regroupe dans les descentes, et le classement change de main selon le terrain. Votre place s'affiche en direct, avec l'écart sur le coureur de devant.

L'abri, c'est là que tout se joue. Collé dans la roue de n'importe qui (jusqu'à 120 m devant vous), ça tire — « DANS LA ROUE DE… » s'affiche — mais surtout le souffle remonte : c'est là qu'un coureur refait ses jambes avant d'attaquer. Voilà le vrai arbitrage du cyclisme, et il est dans le jeu. Attention : on ne campe pas dans une roue. Au bout d'une quinzaine de secondes, l'homme de devant s'écarte et rend la main — à vous de passer dans le vent.

Et il y a du vent. Chaque étape a le sien, toujours le même sur cette route-là (sinon deux records ne voudraient rien dire), et comme la route tourne sans arrêt, il passe de face, de dos, de travers. De face, la roue devant vaut de l'or (jusqu'à 17 %) ; dans le dos, elle ne vaut presque rien. Et quand il souffle de travers, ce sont les bordures : la protection se réduit à une longueur de vélo, et le peloton se coupe en morceaux. Le bandeau du haut vous dit toujours d'où il vient.

L'arrivée se juge. Les trois cent derniers mètres s'affichent en grand, et sur la ligne, à moins de neuf mètres, c'est une photo-finish. Les trois premiers gagnent des secondes de bonification (10, 6, 4) — au général, un sprint bien placé peut valoir plus qu'un col.

À deux écrans, le peloton est le même pour les deux joueurs : une seule borne le fait rouler et envoie ses positions à l'autre, comme un directeur sportif à la radio. Et il réagit au coureur le plus avancé des deux — pas question qu'il soit tendre avec l'un et dur avec l'autre.

Le ravitaillement : au village-étape, quelqu'un vous tend la musette au bord de la route. ou pour tendre le bras au bon moment — pile devant lui, la musette est pleine (jusqu'à 70 points de souffle) ; de loin, vous n'attrapez qu'un bidon au vol ; trop tard, vous repartez le ventre creux. Sur les étapes longues, c'est ce qui fait la différence dans les derniers cols.

Et les virages comptent. La sinuosité de chaque tracé est mesurée au moment de la cuisson : sur une route qui tourne sans arrêt — le Quercy de l'étape 2, les rues du contre-la-montre — on freine et on relance sans cesse, et la vitesse en pâtit. « VIRAGES » s'allume alors sous le pupitre. Ce n'est pas un plafond : un bon coureur reste plus rapide qu'un débutant sur la même route, mais personne n'y vole.

Le critérium de Toulouse — trente kilomètres dans la circulation

L'étape 9 ne ressemble à aucune autre : c'est une boucle de 30 km dans Toulouse, et on n'y roule jamais libre. Une voiture déboîte, un bus est à l'arrêt, un taxi se rabat, un piéton traverse, les rails du tram luisent en travers, et les feux passent au rouge. Chaque fois, un triangle jaune vous prévient, puis l'obstacle arrive : il faut être sous une certaine vitesse en le passant, sinon c'est la chute — et on ramasse son vélo pendant que les autres s'en vont.

D'où le geste de l'étape : en ville, les deux pédales sont les freins, comme les deux poignées d'un vrai guidon — et depuis le 31/07, freine partout, en ville comme ailleurs : c'est la règle commune de la salle (l'axe vertical, c'est le réglage), et les flèches du haut et du bas, qui ne servaient à rien pendant la course, ont enfin un métier. On serre, on ralentit, on relance. Le peloton lève le pied lui aussi — ça le regroupe sans arrêt, exactement comme dans un vrai critérium, et on a toujours une roue où se mettre. Le dernier kilomètre et demi est neutralisé par la police : plus une voiture, et redeviennent le sprint pour l'arrivée au Capitole.

Ce qui attend sur la ligne

On n'arrive pas au même endroit tous les jours, et une arrivée doit ressembler à sa ville.

  • Le rocher tremblant du Sidobre (étape 6). Sept cent quatre-vingts tonnes de granite posées là depuis toujours, et pourtant une seule main suffit à les faire bouger — à condition de pousser au bon moment. Marteler ne donne rien du tout : on ajoute autant d'élan qu'on en retire. Il faut pousser quand la pierre s'éloigne, et attendre pendant qu'elle revient. Vingt secondes pour l'ébranler.
  • La passerelle de Mazamet (étape 7). Le peloton est passé dessous — un vélo ne traverse pas une passerelle piétonne. Alors on descend de vélo : cent quarante mètres de tablier, soixante-dix mètres de vide, et les rafales des gorges. PÉDALE pour avancer, pour se pencher contre le vent — et avancer fait balancer, c'est tout le problème. Trop penché, on s'agrippe au câble et on perd du temps.
  • La tyrolienne fantôme de Cap'Découverte (étape 4), toujours là, au-dessus de la mine ennoyée.
  • Les trois cafés (étape 10). Le Tour est fini, vous êtes rentré, il y a du monde sur le trottoir et trois tasses à remplir. Maintenez pour faire couler, lâchez au bon niveau — chaque tasse a son trait et sa vitesse. Ça déborde vite.
  • Et la fête foraine, qui reste à Cordes (étape 1) et prend ses grands airs à Toulouse (étape 8).

La fête foraine sur la place de Cordes, cinq stands à l'ancienne : le chamboule-tout (visez la base), le tir à la carabine dont le canon est faussé — le premier plomb vous dit de combien —, la pêche aux canards (le doré vaut 8), le tape-fort et sa cloche, et la pince à peluches… qui pince mal, comme à la vraie foire : même bien attrapée, la licorne peut lâcher en route. Chaque stand vaut jusqu'à 20 points.

La tyrolienne fantôme. Cap'Découverte a été bâti sur l'ancienne mine à ciel ouvert, et le lac que vous survolez est la découverte elle-même, ennoyée. Au bout du contre-la-montre, un câble rouillé traverse l'eau : le guichet affiche « fermé » depuis longtemps, l'herbe pousse dans le béton des plateformes, et personne ne vient plus. Trois gestes : s'élancer au creux du balancier, se ramasser sur le chariot pour filer (la traversée se note au chrono), puis serrer le frein avant la plateforme d'en face. Posé sans un bruit, ou dans le matelas moisi, ou bloqué au-dessus de l'eau à finir à la force des bras — c'est vous qui voyez. Jusqu'à 100 points, comptés à part : le chrono du contre-la-montre n'y touche pas.

Sur la plateforme d'arrivée, quelqu'un attend : un ara bleu et jaune, 45 ans, qui connaît Victor Hugo par cœur. Ceux qui ont lu Na ! 2027 le reconnaîtront.

Le score de l'étape = la course au chrono + les lots de la foire. Chaque étape a son temps de référence, calculé en simulant une bonne course sur son propre profil : 98 km et 8 km se notent donc sur la même échelle, et le plafond reste hors de portée partout. Records à trois lettres, une table par étape.

Seul contre Maya la Doyenne : elle roule à l'élastique — semez-la, elle s'accroche ; laissez-la filer, elle vous attend presque. À deux, chacun son écran : « ouvrir une table » donne un code à 4 lettres, l'autre le tape dans « rejoindre » — même départ, chacun sa course, et on se voit sur la route et sur la carte. Rien n'est stocké, la table s'efface toute seule.

Au clavier : espace = pédale (taper sur le plat, maintenir dans les côtes et les descentes). Pour le sprint et le ravitaillement, Q et D sous la main gauche — sans lâcher l'espace — ou si vous préférez. Le geste attendu est rappelé en permanence au-dessus du pupitre : tape, maintiens, ou alterne.

Au doigt : les deux pédales sont aux deux bords de la borne (un pouce chacune), et l'écran entier fait office de grande pédale.